QUELQUES OBSTACLES À L’UNITE AFRICAINE (André Marie Pouya)

QUELQUES OBSTACLES À L’UNITE AFRICAINE (André Marie Pouya)

QUELQUES OBSTACLES À L’UNITE AFRICAINE (André Marie Pouya)

Depuis 1963, à Addis-Abeba, en Éthiopie, a été créée l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Le président ghanéen de l’époque, le Dr Kwamé N’Krumah aurait dû être le premier président des États-Unis d’Afrique, dans l’idéal. Des incompréhensions et aussi des sentiments humains de jalousie de certains de ses pairs, entre autres, l’en auront empêché. Aujourd’hui, cinquante-quatre ans plus tard, l’Union africaine (UA) peine à convaincre que le chantier avance vraiment. Des obstacles ou des défis majeurs freinent la marche vers cette unité des citoyennes et des citoyens de ce grand et beau continent.

Tout d’abord, doit-on attendre que l’ensemble des pays africains soient développés avant d’envisager cette union ? L’ancien secrétaire général de l’OUA, le Togolais Edem Kodjo, avait estimé qu’une éventuelle union africaine se serait qu’une « addition de faiblesses ». C’est une position qui se défend. On peut, cependant, gloser sur la viabilité d’une cinquantaine d’États dont la majorité peinent même à assurer les dépenses de souveraineté : payer les fonctionnaires, assurer la défense et la sécurité du territoire, organiser des élections, assurer les services sociaux de base. Plus de la moitié de leur budget de fonctionnement provient des « bailleurs de fonds ».

Ensuite, les dirigeants africains ne semblent pas avoir une même vision de cette union :
– une partie pense qu’il ne s’agit, ni plus ni moins, que d’une dépossession de souveraineté ;
– pour une deuxième catégorie, cet avènement les priverait de leur pouvoir et des privilèges qui vont avec ;
– un troisième groupe espère que la fusion des États permettrait d’accélérer leur développement, par une addition des atouts tels la richesse humaine, la luxuriance du sous-sol, la diversité géographique, la variété des expériences de gestion. Que d’avantages !

Puis, une série de difficultés pratiques se dressent sur le chemin de la construction de l’unité :
– l’analphabétisme des populations africaines, qui fait qu’elles ne comprennent pas qu’il faille des papiers administratifs pour aller faire une visite à des familles installées de l’autre côté de la frontière ;
– les tracasseries des Forces de défense et de sécurité (FDS) qui freinent la libre circulation des personnes et des biens ;
– le coût des transports, qu’ils soient aériens, maritimes ou terrestres, d’un pays à un autre ; se pose, alors, la question suivante : comment se connaitre, s’apprécier et construire ensemble, sans jamais se rencontrer, fraterniser, sympathiser ? Seuls arrivent à se déplacer, sans encombres, les dirigeants et les hauts fonctionnaires. Même les femmes et les hommes d’affaires et autres travailleurs du privé sont suspects, aux yeux des administrations continentales.
– consécutives aux deux maux ci-dessus, la délivrance des visas et celle cartes de séjour et des permis de travail sont une autre entrave à la circulation des personnes et à la mutualisation des compétences.

Enfin, l’institution Union africaine elle-même est de plus en plus menacée dans son existence, du fait du non-paiement des cotisations des États membres. En effet, l’UA est financée, à hauteur de 74% par les « partenaires internationaux » ! Même le siège, flambant neuf, de l’UA est … un don de la République populaire de Chine. Autrement dit, nous n’avons pas les moyens de sortir de notre situation de mendicité. Encore des efforts, mes frères et sœurs !
André Marie POUYA Journaliste / Consultant (Burkina Faso)

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