Humour: «Histoire de la colonisation et de la corruption en Afrique» (Alain BILLEN)

Humour: «Histoire de la colonisation et de la corruption en Afrique» (Alain BILLEN)
Le Roi Léopold II, auteur d'un véritable génocide au Congo belge (RDC)

Humour: «Histoire de la colonisation et de la corruption en Afrique» (Alain BILLEN)

J’ai toujours eu un esprit « BD », c’est ainsi que mes proches peuvent me voir sourire, parfois même rire aux larmes car mon imagination a projeté à l’intérieur de mon cerveau les images et les réparties d’une situation cocasse. Ce sont des moments assez fréquents qui me rendent la vie encore plus belle.

Malheureusement pour vous, seul le texte vous apparaîtra sous les yeux, j’ai déjà suffisamment reproché à Dieu de ne pas m’avoir donné le don du dessin, je ne vais pas l’embêter ici, plus encore.

Je voulais choisir comme nom pour mon héros barbu : « TonTon », mais j’ai vite compris que je risquais d’avoir aux fesses la « Fondation RG* » pour utilisation non autorisée de leur reporter « TinTin ». J’ai dû donc me résoudre à chercher de longues heures afin de trouver enfin le nom de la vedette de mon histoire, sans être rattrapé, à l’insu de mon plein gré, par « l’Histoire » d’un tel dont je n’aurais pas eu connaissance. J’ai donc décidé de prendre « Léopold » auquel j’ai rajouté le chiffre « deux », ce qui me garantit d’éviter ainsi tout procès avec un personnage qui aurait déjà existé ; en effet, qui aurait pu appeler son fils Léopold II **?
*Édition RG : cela fait référence à l’auteur de « Tintin » qui signait ses livres du nom de « Hergé »
**Léopold II : Voici ce que l’on peut lire sur les atrocités commises par le Roi des belges de l’époque (âmes sensibles s’abstenir!) :
https://en.wikipedia.org/wiki/Leopold_II_of_Belgium

Nous sommes plongés en plein cœur de l’Afrique Tropicale et l’homme blanc apparaît pour la première fois au village. Il est accueilli les bras ouverts et se voit même offrir un copieux repas. Notre Léopold II est surpris et pense dans sa barbe que « ces indigènes sont sympathiques, il ne me sera pas trop difficile de faire des affaires avec eux ». C’est ainsi que notre brave héros se voit devenir propriétaire du Congo Belge en échange de sa vieille montre « Swatch » qui avait pris l’eau la veille. De son côté, le Chef africain, dénommé ici « Zamunda », est tout content d’avoir à son bras un gadget immense qui aurait dû lui indiquer l’heure, mais dont il n’en avait aucune utilité puisque celle-ci lui était donnée plus précisément par le soleil.

En Afrique, les Chef étaient choisis parmi les « sages », et celui qui accueilli si bien notre Léopold II s’est mis à réfléchir et a vite compris qu’il se faisait rouler dans la farine avec cette « horloge » cassée qui ne lui était d’aucune utilité. Pour apaiser la situation, notre Léopold II fit quelques efforts supplémentaires, allant même jusqu’à lui offrir une « crème de jour antiride », et son magnifique modem personnel « Internet 4G ». Mais cela n’a pas suffi à calmer Zamunda » car très vite celui-ci s’est rendu compte que la « crème de jour antiride » n’avait pas un bon goût en bouche, et qu’au village il n’avait aucune connexion Internet, et décida alors de se rebeller.

Notre petit Léopold II a vite compris comment résoudre ce problème afin qu’il puisse continuer à piller ce pays de toutes ses richesses. Il profita de tous les honneurs reçus à son arrivée, de son statut d’homme blanc « comme neige » et il se mit à torturer jusqu’à la mort, les indigènes qui se montraient hostiles ou encombrants. D’un autre côté, Léopold II se rapprocha de Zamunda afin de lui donner deux, trois cours accélérés sur la « corruption ». Un tableau noir, quelques craies blanches, il n’en fallait pas plus pour convaincre le Chef africain, qui n’était pas le plus idiot du village.

Au départ, ce dernier se voyait offrir des choses tellement inutiles, jusqu’au jour où, il trouva dans les affaires de Léopold II quelques papiers avec lesquels il décida d’allumer son feu. C’est ce jour-là que son hôte lui fit comprendre l’utilité et l’usage des « dollars » et Zamunda devint très vite amoureux de ces billets verts.

Mais Léopold II savait par expérience qu’il pouvait tomber un jour sur un vrai « sage », un incorruptible Chef avec lequel toute négociation était vouée à l’échec. Mais là encore, notre génie trouva la parade au coin de la rue opposée à la case du Chef incorruptible. Dans le « bistrot du coin », l’un ou l’autre ivrogne allait l’écouter, toutes oreilles attentives. Léopold II venait de dévoiler son plan machiavélique qui consistait à faire disparaître le Chef « incorruptible » afin de le remplacer par un de ces ivrognes « corruptibles ».

C’est ainsi qu’aujourd’hui encore, les hommes politiques, de tout bord confondus, se déplacent en Afrique avec des valises bourrées de dollars, quitte à laisser à la maison leurs « slips » et autres linges de rechange pourtant indispensables lors de tels périples. Ces « hommes blancs » vont même jusqu’à imaginer un système qui ferait en sorte que le porteur de valises puisse revenir avec une partie de ce qu’il a apporté en remerciement des services rendus. Évidemment, ces tractations et commissions occultes ne se négocieront que dans le « noir absolu » d’où la naissance des termes bien connus de « case noire » qui deviendra par la suite « caisse noire », ou encore « argent noir ». Et lorsque le « noir absolu » n’était pas au rendez-vous, ils s’empressaient alors de faire des « dessous de table »… comme quoi la langue française sait parfaitement s’adapter à toutes les situations.

Les Chefs africains et les « hommes blancs comme neige » ont enfin trouvé un terrain d’entente grâce à notre héros du jour, Léopold II. Les « uns » allaient piller les « autres » de toutes leurs richesses, tout en veillant à récompenser les chefs des « autres » afin d’en faire des complices et de futurs parfaits bouc émissaires pour les « uns ». En échange de tous ces « billets verts », Léopold II se voyait offrir un «Pass Gratuit» qui lui permettait de jouir de toutes les attractions que comptait le parc. Mieux qu’à « Disney land », son « PASS VIP » lui permettait non seulement de profiter sur place de ces richesses, mais il allait pouvoir en emporter autant qu’il voulait… tout ramener à la maison, génial, non ?

Alors que dans son pays natal, la Belgique, seul le charbon avait la « couleur » du diamant (enfin c’est une façon de parler), notre héros Léopold II était accueilli comme la providence, un compatriote qui aimait tellement sa nation qu’il rentra « illico presto » dans les livres d’histoire. Vous pensez bien, un héros, qui à lui tout seul, fait de tout un pays, une des nations les plus riches du monde, il faut l’honorer ! D’où vient toute cette caverne d’Alibaba… on s’en fout ! À qui appartenaient ces richesses… on s’en fout, sans doute cela devait lui tomber du ciel ! Imaginez une seconde qu’un enfant s’inquiète d’où peuvent bien provenir les cadeaux du Père Noël… lui aussi il s’en fout ! D’ailleurs votre serviteur qui gribouille ces quelques lignes, lui aussi s’en foutait complètement. La maîtresse d’école lui a bourré le crâne que nous avions eu la chance d’avoir un « héros » aussi magnifique et généreux que notre ami Léopold II. Il ne fallait pas plus pour que toutes ces petites têtes blondes vouent une reconnaissance sans borne à ce «monstre» sanguinaire, qui trouvait assez marrant de couper les mains de ces africains récalcitrant. Peut-être que c’est de là que nous vient cette coutume en Afrique de se saluer en se touchant ou frôlant la tête… moi, je ne peux m’empêcher de penser à chaque fois, à notre « zéro » national grâce à qui les « noirs » ne se donnent plus la main !

En poursuivant ces quelques lignes, je vous imagine en train de découvrir le dernier passage précédent… comme dans une « bande dessinée ». On a entamé ce billet avec le sourire et puis là, tout d’un coup on voit les visages qui changent, le doute s’installe, les mots deviennent des couperets et les images qui se forment nous font passer d’une certaine légèreté à une gravité certaine. C’est une blague, où il est sérieux ? Je vois dans vos regards ce moment d’égarement qui vous laisse pantois, ne sachant plus trop bien si l’auteur de cette bafouille fait de l’humour noir ou s’il place en face de vos yeux la pointe d’un iceberg qui a coûté la vie à seulement 10 millions de congolais, ce chiffre étant «à la louche», vous excuserez mon manque de précision.

On se pose la question de savoir si Léopold II a bien existé, si derrière ces «conneries» une part de vérité existe… et si tout cela était vrai ? Le pire avec de telles réflexions c’est de se dire que Léopold II avait certainement des frères en France, en Angleterre, en Allemagne, au Portugal… et que le Congo ne représente tout de même qu’une petite partie de ce continent africain.

Aujourd’hui, les choses changent. Nous sommes à plusieurs générations de décalage avec notre ami « misanthrope », nous ne pouvons tout de même pas tenir pour responsables les italiens des conquêtes sanguinaires de Jules César… évidemment que non ! Quoique… certains arrière-arrière petits rejetons mériteraient bien quelques coups de pied aux fesses, pour rester un poil poli !

Vous savez ceux qui nous rabâchent les oreilles en voulant démontrer qu’eux, les colonisateurs, ont apporté les routes, le chemin de fer, etc…. Foutaise qu’est tout cela, ils ont construit ces infrastructures pour eux-mêmes, pour mieux acheminer leurs butins, pas pour les indigènes ! Et lorsqu’ils «enchaînent» (outre les africains) en nous parlant de ces stéréotypes de Présidents corrompus d’Afrique, ils oublient aussi vite que ces Chefs d’État sont leurs élèves qui s’appliquent à reproduire ce que Léopold II leur a si bien appris. Par contre, les corrupteurs, interdiction « Total(e)*** » d’en parler !
***TOTAL: cinquième compagnie pétrolière au monde qui exploite sur le continent africain

Aujourd’hui, nous pouvons nous rendre compte combien les « uns » et les « autres » ont la mémoire courte. Les « uns » oublient très vite les horreurs qu’ils ont engendrées et veulent aujourd’hui punir les « autres » d’avoir été de si bons élèves, alors que les « autres« , pas rancunier pour un sous, continueront à accueillir les « uns » avec le plus beau des sourires dont seuls les africains ont le secret!

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One thought on “Humour: «Histoire de la colonisation et de la corruption en Afrique» (Alain BILLEN)”

  1. Très marrant et grave à la fois! Il faut lire car derrière chaque ligne se cache une vérité. Le côté marrant vous emporte même si la « vraie histoire » se retrouve derrière chaque mots. Bravo l’auteur!

Les commentaires sont fermés.





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