L’optimisme dans le secteur minier montre des signes de rebond.

L’optimisme dans le secteur minier montre des signes de rebond.
Les mineurs de Wolfram dans le district de Rulindo. Les opérateurs du secteur minier réclament des interventions stratégiques pour améliorer le secteur et stimuler la production.

L’optimisme dans le secteur minier montre des signes de rebond.

Les revenus d’exportation de minerais du Rwanda ont représenté la plus grande part des recettes en devises en 2017. Les exportations de minerais ont augmenté de plus de 210% pour atteindre 248,5 millions de dollars l’année dernière, contre 80,1 millions de dollars l’année précédente. Le développement a renouvelé l’optimisme parmi les acteurs du secteur, alors que la reprise du marché se poursuit.

Cependant, de nombreux intervenants de l’industrie affirment que ces gains pourraient être perdus rapidement si rien n’est fait pour résoudre le problème des exploitations minières artisanales qui, selon eux, mettent en péril le secteur.

Les mineurs sont également préoccupés par les lourdes pertes causées par les activités minières rudimentaires en termes de valeur minérale le long de la chaîne de valeur, ainsi que par la dégradation de l’environnement. Monsieur Alphonse Rugiramumaro, le Directeur Général de « Gisizi Mining Limited », qui a des activités dans les districts de Kamonyi et Rutsiro, a déclaré au « Business Times » que les techniques minières traditionnelles affectent la productivité.



Les chiffres montrent que 75% des exploitations minières du pays sont actuellement artisanales et que le taux de récupération des minerais est très faible (15%). Monsieur Rugiramumaro a appelé à un soutien urgent en termes d’équipement et de formation pour augmenter les exportations de minerais et les revenus.

«Les méthodes d’exploitation traditionnelles et non mécanisées entraînent des pertes, car nous ne pouvons pas récupérer un grand pourcentage. Cependant, si nous obtenons du matériel moderne et efficace, nous pourrons récupérer jusqu’à 50%, la moyenne actuelle étant de 30% », a-t-il déclaré en marge d’une réunion des parties prenantes à Kigali.

Il y a environ quatre ans, le Ministre des Mines de l’époque s’est engagé à professionnaliser le secteur en utilisant de meilleurs équipements, en formant le personnel et en veillant à ce que les sociétés minières respectent les normes de sécurité et de l’environnement. Cependant, certains de ces problèmes affectent toujours le secteur, les mineurs réclamant plus d’investissements pour aider à l’améliorer et le rendre plus rentable et durable.

Selon Monsieur Rugiramumaro, l’utilisation de techniques de transformation traditionnelles a limité la capacité de production de son entreprise à seulement 1,5 tonne de coltan par mois, ajoutant que l’entreprise peut produire beaucoup plus avec de meilleurs équipements et du personnel qualifié.

Monsieur Rugiramumaro a déclaré que bien que certains partenaires se soient toujours engagés à les aider à acquérir un équipement efficace, ils doivent encore remplir leurs promesses de nombreuses années plus tard. « Si nous obtenons plus de formation et sécurisons également l’équipement minier moderne, je suis sûr que notre capacité de production va tripler voire quadrupler », a-t-il déclaré.

Monsieur Aloys Ndindabahizi travaille dans le secteur minier depuis environ 10 ans. Le mineur a expliqué que le champ minier de 2 000 hectares était sous-exploité parce qu’ils utilisent de mauvaises méthodes et d’anciens équipements. Il a appelé les grands acteurs du secteur, tels que « Mineral Supply Africa », à les aider à augmenter leur production grâce à une «exploitation minière durable».

« A nos partenaires, s’il vous plaît remplissez vos promesses de soutien. Nous avons également besoin de partenaires dans le traitement et la séparation des minéraux, car l’ajout de valeur est crucial pour stimuler les revenus et la compétitivité du secteur », a déclaré Monsieur Ndindabahizi.



Les mineurs s’expriment.

Monsieur Onesme Ntihemuka, un mineur de wolfram du secteur de Busogo, dans le district de Musanze, a déclaré au Business Times que les difficultés liées à l’exploitation minière traditionnelle affectent les mineurs de diverses manières.

« Le site minier où j’ai travaillé a été temporairement suspendu parce que le propriétaire n’a pas rempli les conditions requises pour l’exploitation minière durable et la sécurité des travailleurs. Par exemple, nous utilisons des bougies et des torches lors de la recherche et de l’extraction de minerais dans les tunnels souterrains, ce qui est beaucoup trop risqué », a-t-il dit.

Il a ajouté que de nombreux sites ne fournissent toujours pas d’équipement de protection aux mineurs. Ils manquent également des piliers de support dans les tunnels, tandis que d’autres utilisent encore des étais en bois qui ne sont pas sûrs. Monsieur Ntihemuka a indiqué que de nombreuses entreprises utilisent également des techniques manuelles pour extraire et laver les minerais, ce qui est fatiguant et fastidieux.

Monsieur Gervais Bayagambe, un autre mineur, a déclaré que certaines entreprises ne disposent pas d’installations pour séparer les minerais de la boue alluviale. Ils effectuent le processus dans les rivières, ce qui conduit à la perte de certains minerais et pollue également l’eau et l’environnement, a-t-il ajouté.

Les mineurs se disent exploités.

Monsieur Ntihemuka a également expliqué que les mineurs qui font un travail pénible sont exploités et ne gagnent pas grand-chose.

Il a précisé que lorsque les minerais sont en vente, les propriétaires et les exploitants (les investisseurs) des champs miniers obtiennent chacun une part de 50 pour cent sur les ventes de minerais. Les propriétaires de son côté reverse la moitié de sa part aux mineurs, sans jamais tenir compte de leur nombre.

« Par exemple, si les minerais sont vendus à 100.000 Rwf, les investisseurs et le propriétaire foncier prélèvent 50.000 chacun. Le propriétaire prend alors la moitié de cette somme soit 25 000 et la donne aux mineurs. Donc, à partir de ces calculs, vous pouvez voir que nous n’obtenons que des miettes pour un travail qui est risqué et fastidieux », a-t-il ajouté.

Monsieur Bayagambe a déclaré que certains investisseurs n’assurent pas les travailleurs.

« Vous trouvez que, si on a 60 travailleurs, seulement 10 d’entre eux pourraient bénéficier de la couverture « assurance ». Alors, quand il y a des accidents, beaucoup de travailleurs s’en vont sans aucun soutien », a-t-il dit.

L’optimisme comme les prix des minerais et les revenus augmentent.

À la fin de 2017, 300 millions de dollars provenaient des minerais et l’objectif est de 1,5 milliard de dollars d’ici 2024, grâce à différentes mesures, notamment l’utilisation de matériel minier moderne et la valorisation des minerais, ce que nous ne faisons pas depuis longtemps.

Le Gouvernement vise à doubler la production et les exportations de minerais dans le cadre de la SDERP II. Il a dit, jusqu’à présent, il y a 523 sociétés minières sous licence enregistrées au « Rwanda Development Board ».

Cependant, au cours des deux dernières années, a-t-il dit, la chute des prix des minerais a déclenché la fermeture de certaines sociétés minières. Chacun des principaux minerais du Rwanda a perdu de la valeur sur le marché international, la valeur de l’étain se dépréciant de 23%, le coltan de 41% et le wolfram de 46%. Cependant, les acteurs du secteur sont optimistes après un rebond des prix des minerais depuis l’année dernière. Par exemple, en septembre 2017, le wolfram a grimpé jusqu’à 310 $ et 345 $, une augmentation considérable par rapport aux 200 $ de quelques mois plus tôt.

Les mineurs rassurés.

Monsieur Frank Butera, le Secrétaire Exécutif de l’Association Minière du Rwanda (RMA), a déclaré que des mesures étaient en cours pour mobiliser les investisseurs dans le secteur afin qu’ils adoptent des procédés et des équipements miniers modernes et efficaces. « Nous devons continuer à encourager les acteurs du secteur à acquérir des outils modernes et à former du personnel », a-t-il déclaré.

Le responsable a ajouté que le groupe veille à ce que les investisseurs respectent les lignes directrices, qui visent à améliorer les processus en réduisant l’exploitation minière artisanale et la dégradation de l’environnement. «Nous sensibilisons les nouveaux investisseurs et les mineurs à l’introduction d’équipements et de pratiques minières modernes, ainsi que la formation des mineurs pour améliorer leurs compétences dans le cadre des efforts visant à professionnaliser le secteur», a déclaré Monsieur Butera.

Madame Julija Komarovic, la Directrice Général par intérim de « Mineral Supply Africa », un exportateur local de minerais, a déclaré que l’entreprise renforcerait la coopération avec les mineurs et aiderait également les petits mineurs à opérer de manière professionnelle et efficace.

«Dans les années à venir, nous investirons davantage dans des initiatives visant à améliorer les sites et les opérations miniers en dotant les mineurs des compétences requises et en les formant aux meilleures pratiques», a-t-elle déclaré.

Elle a noté que bien que la plupart des compagnies minières veuillent passer des méthodes d’extraction traditionnelles aux méthodes modernes, elles manquent de personnel qualifié et d’équipement.

« Nous avons des experts qui donneront des formations sur l’exploitation minière moderne et efficace pour nos partenaires », a-t-elle dit, ajoutant que cela permettrait d’augmenter les revenus des mineurs et de rendre les minerais rwandais plus compétitifs.

Nouvelle loi sur la sécurité.

Monsieur Butera a exhorté les sociétés minières à s’assurer que tous leurs travailleurs ont la couverture d’assurance nécessaire, en disant ne pas faire cela attire des pénalités. Il a également déclaré que certains mineurs souffrent de problèmes de santé parce qu’ils travaillent sans équipement de protection.

Il a ajouté que des règlements sont en cours d’élaboration en vertu de la loi pour assurer que les sociétés minières respectent les directives en matière de sécurité et de santé.

« Nous devons effectuer des inspections régulières pour surveiller la conformité des entreprises aux réglementations en matière de sécurité et de santé », a-t-il ajouté.

Nouveaux minerais découverts.

Le Rwanda a extrait du coltan, de la cassitérite et du wolfram, mais le pays a récemment découvert d’autres nouveaux minerais, tels que des pierres précieuses qui sont utilisées dans les ornements, et des éléments de terre rare.

Le fonctionnaire a appelé à l’autonomisation des personnes dans les zones riches en minerais, en disant qu’ils devraient être prioritaires pour les emplois, et aussi obtenir une part de 10 pour cent sur les revenus miniers.

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