Commission d’Enquête Sénatoriale Belge – Un sénateur belge intervient sur le cas du massacre de l’ETO Kicukiro

Commission d’Enquête Sénatoriale Belge – Un sénateur belge intervient sur le cas du massacre de l’ETO Kicukiro
Mémorial du génocide de Nyanza-Kicukiro

Commission d’Enquête Sénatoriale Belge – Un sénateur belge intervient sur le cas du massacre de l’ETO Kicukiro

Monsieur Alain Destexhe, le sénateur belge qui a initié la Commission d’Enquête Sénatoriale Belge de 1997 sur le Génocide de 1994 contre les Tutsis, a qualifié « d’exceptionnel » le procès en cours à Bruxelles dans lequel sont accusés l’Etat belge et deux des plus hauts officiers militaires, qui ont conduit le contingent belge de maintien de la paix au Rwanda en 1994.

Dans le recours civil devant la Cour d’Appel de Bruxelles, les requérants demandent au Tribunal de reconnaître la responsabilité légale de la Belgique et des deux officiers dans la décision de retirer les troupes belges de l’ancienne école technique « ETO » (Kicukiro à Kigali » où des milliers de Tutsis avaient trouvé refuge pendant le Génocide.

Le 11 avril 1994, les soldats belges ont abandonné entre 2 000 et 4 000 personnes qui avaient trouvé refuge à l’école « ETO Don Bosco » de Kigali, alors cantonnement principal des troupes belges des Nations Unies, a déclaré Monsieur Destexhe, également membre du Parlement régional de Bruxelles.

Il a expliqué : « Le contingent belge formait l’épine dorsale de la Mission des Nations Unies pour l’Assistance au Rwanda (MINUAR), mais a reçu l’ordre de se retirer du pays après le meurtre le 7 avril de dix soldats belges par les forces gouvernementales ».

« En 1997, le rapport de la Commission d’Enquête du Sénat belge était très critique à l’égard du Gouvernement belge de l’époque », a déclaré Monsieur Destexhe, qui a servi comme secrétaire de l’Enquête Parlementaire belge sur le Génocide.



La question maintenant, dit-il, « est de savoir si une responsabilité légale pour ce qui s’est passé à l’ETO à Kigali sera reconnue par un tribunal ».

Le procès se déroule en vertu de la loi belge de 1993, qui « condamne non seulement l’auteur des violations des Conventions de Genève de la Croix-Rouge sur le Droit Humanitaire mais aussi l’inaction lorsqu’une personne est en mesure d’agir (omission d’agir), ce qui était le cas des troupes belges », précise le politicien belge à New Times.

Il a établi un parallèle entre l’abandon par les troupes belges des réfugiés de l’ETO, qui ont ensuite été attaqués, fusillés et tués par les forces gouvernementales et les milices Interahamwe, et un cas similaire à Srebrenica (Bosnie) impliquant des troupes néerlandaises pour lesquelles le Gouvernement néerlandais a été tenu responsable plus tard.

En juillet 2014, un tribunal néerlandais a déclaré que les troupes néerlandaises étaient responsables de la mort de milliers d’hommes et de garçons musulmans abattus par les troupes serbes à la fin de la guerre en Bosnie.

Un bataillon de soldats de la paix néerlandais (connu sous le nom de «Dutchbat») était stationné à Srebrenica en 1995 et a été reconnu coupable d’avoir «agi illégalement» en coopérant à la déportation de milliers de civils dans l’ex-Yougoslavie.

Se prononçant sur une pétition des familles des victimes, le tribunal hollandais a déclaré : « Le bataillon néerlandais aurait dû tenir compte de la possibilité que ces hommes seraient victimes d’un génocide et on peut dire avec suffisamment de certitude que, si le bataillon néerlandais leur avait permis de rester dans le campement, ces hommes seraient restés en vie ».

Comme les victimes de l’abattage de l’ETO Kicukiro, les réfugiés en Bosnie cherchaient refuge dans et autour de l’enceinte du bataillon hollandais, explique le Sénateur Destexhe.

Les avocats de certains proches de la victime dans l’affaire en cours contre l’Etat belge et ses officiers ont également établi des parallèles entre les deux situations.

L’affaire ETO Kicukiro a vu le jour en 2004 lorsque Madame Florida Ngulinzira, la veuve de Boniface Ngulinzira, l’ancien Ministre des Affaires Etrangères, a saisi le Tribunal Civil de Belgique pour la mort de son mari, l’une des nombreuses victimes de l’attaque contre l’école technique à la suite du retrait des casques bleus belges.

Boniface Ngulinzira était un opposant au Président Juvénal Habyarimana.

« Sa vie a été clairement menacée après la fusillade de l’avion portant le Président et le début du Génocide contre les Tutsis », a déclaré le sénateur belge.

Le 7 avril 1994, Boniface Ngulinzira a été emmené dans l’enceinte de l’école ETO par les troupes belges pour « être protégé », mais il a été abandonné là-bas, avec les autres victimes, dit-il. « Presque tous les réfugiés ont été assassinés à Nyanza (un quartier situé à quelques kilomètres de l’ETO, où beaucoup de réfugiés ont été forcés de marcher avant d’être tués) ».

La situation à Srebrenica était remarquablement similaire à celle de l’ETO à Kigali, ajoute le sénateur belge.

Plusieurs analystes ont également décrit comme un « point de repère » la décision du tribunal néerlandais concernant ses implications sur le cas des troupes belges abandonnant les réfugiés rwandais à l’ETO alors même que des escadrons de tueurs en train de rôder attendaient pour bondir.

Monsieur Destexhe reproche aussi aux troupes belges de ne pas avoir envisagé d’autres options qui auraient pu sauver les réfugiés lorsque les Casques bleus ont décidé de quitter le Rwanda.

Il dit qu’ils auraient pu choisir de placer les réfugiés sous la protection des forces du « FPR », l’armée de libération dirigée par le Président Paul Kagame, qui a fini par vaincre le régime génocidaire et arrêté les tueries alors qu’elles combattaient déjà les forces gouvernementales et sauvaient des gens dans et autour de Kigali.

« Cela n’a même pas été pris en compte car à cette époque, l’approche belge et onusienne était de rester « neutre » à tout prix, même au prix de milliers de vies », explique-t-il.

Les Casques bleus Belges, dit Monsieur Destexhe, auraient également pu « évacuer les réfugiés de l’ETO vers l’aéroport ou vers le stade Amahoro à Kigali pour qu’ils soient protégés par d’autres éléments de la MINUAR ».

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