Malala, en larmes, de retour au Pakistan six ans après l’avoir quitté après avoir reçu une balle dans la tête des talibans

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Malala, en larmes, de retour au Pakistan six ans après l’avoir quitté après avoir reçu une balle dans la tête des talibans

Malala Yousafzai, prix Nobel de la paix et militante des droits des femmes, a retrouvé dans les larmes son Pakistan natal jeudi, quitté dans des circonstances dramatiques en 2012 après avoir reçu une balle dans la tête de talibans pakistanais. « Je suis très heureuse. Je n’arrive toujours pas à croire que je suis ici », a-t-elle déclaré, très émue, dans un discours prononcé à la résidence du Premier ministre Shahid Khaqan Abbasi à Islamabad, quelques heures après une arrivée qui a pris le pays de court. « Ces cinq dernières années j’ai toujours rêvé de pouvoir revenir dans mon pays », a-t-elle lancé devant le public. « Nous sommes vraiment ravis que notre fille, qui a fait beaucoup pour le nom du Pakistan, soit de retour à la maison », a déclaré de son côté M. Abbasi. « Le monde vous a accordé beaucoup de respect et vous recevrez un respect total ici ».

Leur itinéraire n’a pas été rendu public pour des raisons de sécurité

La jeune femme et ses parents ont atterri au petit matin à l’aéroport d’Islamabad. Leur visite, qui doit durer quatre jours, n’avait pas été annoncée et leur itinéraire n’a pas été rendu public pour des raisons de sécurité,  ont indiqué les autorités. La famille se déplace sous forte escorte policière.

On ignore encore à ce stade si Malala, âgée aujourd’hui de 20 ans, entend se rendre dans son district natal de Shangla, ou dans la ville de Mingora, où s’est produit l’attentat, tous deux situés dans la vallée de Swat. Si elle est célébrée en Occident, son image est plus controversée dans son pays où certains la considèrent comme un « agent de l’étranger » manipulé ou payé pour nuire au Pakistan.

Elle a vaincu les forces obscures de la peur

Outre les cercles islamistes radicaux opposés à l’émancipation des femmes, Malala est également critiquée par une partie de la classe moyenne pakistanaise qui lui reproche de ternir l’image du pays. Nombre de ses compatriotes ont toutefois salué l’annonce de son arrivée, notamment dans sa vallée de Swat et sur les réseaux sociaux.

« Je n’aurais pas imaginé qu’elle revienne un jour au Pakistan et à Swat », a souligné Rida Siyal, une lycéenne. Elle « a vaincu les forces obscures de la peur », a-t-elle dit à l’AFP. « Elle est un symbole de courage pour tous les Pakistanais et nous nous réjouissons de sa visite. Elle aurait dû revenir bien plus tôt », a jugé de son côté Ahmad Shah, un ami du père de la jeune femme et habitant de Swat. « Chers Pakistanais, Malala n’est pas votre ennemie. Vos ennemis sont les monstres qui lui ont tiré dessus à bout portant sur le chemin de l’école », a plaidé une internaute, Shahira Lashari, sur Twitter.

« Elle est revenue. Certains pensaient que cela n’arriverait jamais. Certains ne voulaient pas que cela arrive. Mais c’est arrivé. Un grand moment pour le Pakistan », a commenté de son côté l’analyste Michael Kugelman, spécialiste de la région au Wilson Center à Washington.
C’est dans des circonstances dramatiques, en ambulance et entre la vie et la mort que Malala avait dû quitter son pays en 2012, grièvement blessée dans une tentative d’assassinat par des talibans pakistanais alors qu’elle rentrait de l’école.

« C’est dur de ne pas voir sa maison, sa famille et ses amis pendant plus de cinq ans »

Elle n’avait plus foulé le sol pakistanais depuis lors, tout en exprimant le souhait de revenir. « C’est dur de ne pas voir sa maison, sa famille et ses amis pendant plus de cinq ans », avait-elle déclaré en janvier à Davos. Soignée en Angleterre, où elle vit, elle est devenue une icône du droit des filles à l’éducation. C’est à ce titre qu’elle s’est vue décerner le Prix Nobel de la paix en 2014, conjointement avec l’Indien Kailash Satyarthi.

Après avoir vécu avec sa famille à Birmingham, dans le centre de l’Angleterre, elle poursuit aujourd’hui des études à Oxford. Malala avait commencé son combat en 2007 lorsque les talibans imposaient leur loi sanglante dans sa vallée de Swat, dans le nord-ouest, autrefois paisible région touristique des contreforts de l’Himalaya.

« Changer le monde »

Du haut de ses 11 ans, cette fillette très influencée par son père, directeur d’école, mais dont la mère est illettrée, alimentait un blog sur le site de la BBC en ourdou, la langue nationale du Pakistan. Sous le pseudonyme de Gul Makai, elle y décrivait le climat de peur régnant dans sa vallée.

Le 9 octobre 2012, des jihadistes du TTP (talibans pakistanais) avaient fait irruption dans le bus scolaire de Malala à la sortie des classes. L’un d’eux avait demandé qui elle était avant de lui tirer une balle dans la tête.

Source : rtl.be

 

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