Rwanda – «Journée Internationale de la Danse» : La danse professionnelle a un bel avenir dans le pays.

Rwanda – «Journée Internationale de la Danse» : La danse professionnelle a un bel avenir dans le pays.

Rwanda – «Journée Internationale de la Danse» : La danse professionnelle a un bel avenir dans le pays.

Le Comité de Danse International (CDI, en relation avec l’UNESCO) instaure la « Journée Internationale de la Danse » en 1982. La date du 29 avril a été choisie pour commémorer l’anniversaire de Jean-Georges Noverre (1727-1810), créateur du ballet moderne.

Les objectifs de cette « Journée Internationale de la Danse » sont de réunir le monde de la danse, rendre hommage à la danse, célébrer son universalité et, franchissant toutes les barrières politiques, culturelles et ethniques, rassembler l’humanité toute entière en amitié et paix autour de la danse, langage universel.

« PanorActu » profite dès lors de cette « Journée Internationale de la Danse » pour vous faire découvrir  l’ONG rwandaise « ORPAS-ROPPA », ainsi que ceux qui derrière cette structure s’investissent sans compter pour épauler les danseurs du Rwanda, à atteindre le plus haut niveau de la danse professionnelle.  

Nous vous proposons une synthèse de l’entretien que nous avons eu avec Guy Beaujot, artiste chorégraphe belge, installé au Pays des Mille Collines et devenu depuis quelques années déjà, un « Ami du Rwanda ».

 Quand tout a commencé

En réalité, tout a commencé dès 2007, lorsque Guy Beaujot pris la décision de consacrer ses vacances à des séjours réguliers  au Rwanda. Il avait bien planifié dans sa tête ses six semaines de congé ; quatre semaines pour se détendre et se reposer, et deux semaines qui seraient consacrés aux contacts et à la découverte du secteur de la danse au Rwanda. Très vite, les deux semaines « artistiques » ont empiété sur la détente et les loisirs de sorte que jusqu’à son installation définitive au Rwanda (2015) il a consacré toutes ses vacances à la « danse au Pays des Mille Collines ». Déjà à cette époque, il avait imaginé la création d’un « Centre rwandais de Formation et de Création en Danse »  au Rwanda.



La création de l’ONG « ORPAS-ROPPA »

Guy Beaujot a rapidement compris ce qu’il fallait faire au Rwanda afin d’amener le secteur de la danse dans un univers professionnalisé. Lors de ses différents séjours en vacances au Rwanda, le chorégraphe belge avait déjà eu l’occasion de travailler et de « monter » certains spectacles comme ce fut le cas au Musée de Kanombe où il a mis en scène une chorégraphie composé de 31 danseurs, intitulé « Tolérance ».

Guy Beaujot a pu se faire une idée de ce qui se fait au Rwanda dans le secteur de la danse. Le pays possède effectivement d’excellents artistes mais aucune structure professionnelle pour les encadrer et leur permettre d’aller sur le plan international. Le talent est là, mais l’horizon semble limité aux frontières du Rwanda.

Guy Beaujot, qui possède les compétences mais surtout l’expérience dans la danse contemporaine, mettra sur papier un projet incluant une option « danse » dans les écoles, comprenant 9 modules annuels et ceci durant 3 années scolaires. Les enseignements seront dispensés par des chorégraphes professionnels. A la fin de cet enseignement, l’élève se verra doté d’un diplôme spécifique qui lui permettra, s’il le désire de poursuivre une année supplémentaire de formation pour enseignants, afin d’obtenir le droit d’enseigner. L’avantage de ce projet repose sur le fait que le diplôme délivré au bout de ces trois  années scolaires réussies, ouvrira aux danseurs rwandais, les portes vers les auditions internationales. De plus, le fait d’avoir des danseurs professionnels facilite la création de compagnies professionnelles de danse au Rwanda même, et permet de délivrer aux compagnies existantes des danseurs formés professionnellement

Les danseurs qui préfèrent enseigner pourront après une année supplémentaire trouver du travail dans les départements danse des écoles techniques qui entretemps auront-elles aussi intégrer ce programme

Malgré un projet bien ficelé, plusieurs contacts auprès des différents Ministères, Institutions artistiques et autres, les choses stagnaient à un tel point que le chorégraphe belge, fatigué de toutes ces démarches infructueuses, avait pris la décision de rentrer en Europe.



La rencontre imprévue et providentielle qui change les choses

Un homme providentiel fait subitement irruption dans la vie de Guy Beaujot, lorsque ce dernier s’apprêtait à retourner en Europe. Alors que le chorégraphe belge s’entretient avec des connaissances, un avocat, Maître Laurent BUGABO, arrive de façon totalement imprévue et s’introduit discrètement dans la discussion. Il semble intrigué par l’expérience difficile de Guy Beaujot et lui demande de pouvoir consulter son dossier tout en lui demandant d’attendre quelques jours avant de prendre sa décision définitive de quitter le Rwanda.

Aujourd’hui, Maître Laurent BUGABO qui vient d’être agrée comme avocat à la Cours Pénale Internationale de La Haye, est devenu un pilier de l’ONG rwandaise « ORPAS-ROPPA » pour laquelle il n’hésite pas à s’investir personnellement. C’est d’ailleurs une de ses maisons qui vient d’être transformée en « studio de danse » où les danseurs peuvent venir s’entrainer et recevoir des conseils de  professionnels rwandais, africains et autres. Un endroit unique à Kigali, un studio de création ou des jeunes talents peuvent créer des nouvelles chorégraphies, en résidence. En contrepartie ils doivent donner un cours de danse chaque jour pour professionnels, et semi-professionnels.

Maître Laurent BUGABO

 

L’ONG « ORPAS-ROPPA » vient enfin d’être reconnue

L’ONG « ORPAS-ROPPA » poursuit quatre objectifs principaux :
L’Éducation, le Support Artistique (y compris certaines démarches comme celles nécessaires à l’obtention d’un VISA pour séjours à l’étranger), Création d’un fonds de mouvement (notamment pour financer les voyages des danseurs appelés à l’étranger) et la Préservation de l’Héritage.

Ce dernier point (Préservation de l’Héritage) est d’une extrême importance dans la mesure où l’héritage culturel traditionnel, qui se transmettait de parents à enfants, de bouches à oreilles, a tendance à disparaître. C’est pourquoi, il est devenu urgent de « digitaliser » en filmant dans les villages les cultures traditionnelles encore existantes. Le monde évolue aujourd’hui à une vitesse incroyable et si ce travail de « Préservation de l’Héritage » n’est pas fait rapidement, il y a de fortes probabilités pour que cette richesse tombe rapidement dans l’oubli.

Wesley RUZIBIZA, Président de l’ONG « ORPAS-ROPPA »

 Outre Guy Beaujot et Maître Laurent Bugabo, l’ONG possède un soutien important en la personne de son Président co-fondateur, Wesley RUZIBIZA, danseur chorégraphe professionnel reconnu sur le plan international.

Ce jeune homme de 37 ans, artiste renommé et chorégraphe de l’ancienne « UNR », actuelle Université du Rwanda, se plaint du manque de palais de culture et de théâtres au Rwanda où les artistes chorégraphes pourraient se produire.

« Nous voyons un avenir radieux de la dance contemporaine au Rwanda. Cela se voit de par l’existence de la culture enracinée de la danse traditionnelle rwandaise. Aujourd’hui beaucoup de jeunes rwandais manifestent de l’engouement pour la danse contemporaine. Ils veulent en faire leur carrière professionnelle. Il y a un grand marché pour cette discipline même si nous devons travailler dur et y mettre beaucoup d’investissements« , a confié Wesley à New Times lors d’une interview de fin 2016.

Wesley RUZIBIZA estime qu’il y a une nécessité de voir le secteur de la danse être financé par le Gouvernement rwandais.

Weysler RUZIBIZA

 

Déjà des résultats, et pas les moindre

Guy Beaujot n’a évidemment pas attendu que l’ONG « ORPAS-ROPPA » soit officiellement reconnue pour mettre ses connaissances professionnels aux services des danseurs rwandais. Il ne manque pas de donner les conseils nécessaires dans la « qualité de mouvements », tout en supervisant les nouvelles créations. Tout ceci est son domaine qu’il maîtrise parfaitement, et ces qualités sont tout particulièrement appréciées par les danseurs qui font appel à lui.

Jusqu’ici, trois danseurs ont déjà pu suivre des stages de formation professionnelle reconnus sur le plan international. Ils ont eu le privilège de pouvoir faire partie des 30 élèves acceptés pour suivre les cours triennales de la célèbre école de danse africaine, « l’École des Sables de Dakar », dirigée par Patrick Acogny, grand danseur chorégraphe et pédagogue.

Ces trois danseurs (Joselyne MUREKATETE – Ada UMWUGNEZA – Abdoul MUJYAMBERE) qui ont suivi le cycle, sont aujourd’hui en possession d’un diplôme reconnu et renommé. Grâce à ce diplôme émanant d’une telle école, ils jouissent d’une certaine reconnaissance internationale.

L’année dernière, Joselyne MUREKATETE a pu rejoindre sur invitation la Summer School des Ballets C de la B  (les ballets Contemporains de la Belgique) une compagnie de danse contemporaine de renommée internationale. La danseuse rwandaise devrait rejoindre la Summer School cette année encore.

En ce moment elle crée un spectacle composé de danses solos qui lui sont offertes par des chorégraphes internationaux.

Joselyne MUREKATETE

 

L’ONG « ORPAS-ROPPA », une aubaine pour la danse rwandaise

Ces quelques passionnés qui portent à bout de bras l’ONG se sont assurés d’avoir tous les atouts nécessaires à la réussite de leurs objectifs.

Pour la danse proprement parlé, les qualités professionnelles, les compétences indéniables de Guy Beaujot et de Wesley RUZIBIZA sont là, et les danseurs rwandais prêts à faire les sacrifices nécessaires pour atteindre leurs objectifs peuvent compter sur ces professionnels qui n’hésiteront pas à ouvrir certaines portes pour ceux qui auront atteints le niveau exigé.

D’un autre côté, l’ONG peut bénéficier des conseils et compétences de  Maître Laurent Bugabo qui n’a pas hésité à « entrer dans la danse » pour soutenir le projet, offrir ses services et mettre à disposition un « studio de danse » professionnel, unique à Kigali. Grâce à cet outil parfaitement conçu, l’ONG « ORPAS-ROPPA » pourra se faire un nom et pourquoi pas devenir au fil des années une « École des Sables » rwandaise destinée aux danseurs de l’Afrique de l’Est.

Le studio de danse contemporaine

 

Cet objectif est ambitieux, mais réalisable !  Les principaux outils et compétences sont effectivement présents, il reste aux autorités d’emboîter le pas afin de soutenir cette structure et les danseurs rwandais qui possèdent tous les atouts afin de porter très haut les couleurs et la culture du pays sur la scène internationale. Le gros du travail a déjà été fait, c’est maintenant au tour de nos dirigeants de « rentrer dans la danse ».

Guy Beaujot : un professionnel de la danse contemporaine

Guy BEAUJOT

 

Durant les années ’90, Guy Beaujot organise en Belgique, des ateliers de formation en « Danse Contemporaine ». Parallèlement il  enseigne l’expression corporelle par la danse dans une école musicale pour jeunes. Il développe également des techniques de danse thérapeutique à l’intention d’enfants handicapés.

Par la suite, il embrasse différents types de manifestations de danse et de chorégraphie où il fait office de « Directeur de Tournées » pour différentes compagnies de danse contemporaine en Europe.

Après son passage à l’UNESCO-IHE à Delft (Pays Bas – 2002/2015), il décide de se consacrer à la professionnalisation de la danse au Rwanda.

Depuis 2007, Guy Beaujot consacre ses vacances et séjourne au Rwanda où, émerveillé par la richesse de la culture rwandaise, il pense pouvoir mettre en place une structure qui devrait lui permettre de professionnaliser la danse. En créant  une structure avec l’ONG « ORPAS-ROPPA », Guy Beaujot est persuadé qu’il pourra faire de la danse, un secteur bénéfique créatif d’emplois pour le Rwanda, mais également un « produit » exportable à l’étranger.

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