La pression monte sur le Royaume-Uni concernant les fugitifs du Génocide qu’il héberge.

La pression monte sur le Royaume-Uni concernant les fugitifs du Génocide qu’il héberge.

La pression monte sur le Royaume-Uni concernant les fugitifs du Génocide qu’il héberge.

Monsieur Johnston Busingye, Ministre de la Justice, a déclaré qu’il pensait que « rien n’a encore changé » en ce qui concerne la façon dont le Rwanda et la Grande-Bretagne voient les cas de fugitifs génocidaires qui continuent de se promener librement au Royaume-Uni.

Il a fait ces remarques peu de temps après une réunion à huis clos avec Madame Jo Lomas, le haut-commissaire britannique au Rwanda.

« Au moins jusqu’à ce que nous puissions voir le travail concret du système judiciaire britannique, nous pouvons dire que rien n’est nouveau pour le moment », a déclaré Monsieur Busingye aux journalistes après la réunion.

La réunion a eu lieu un jour après que le Haut Commissaire rwandais au Royaume-Uni, Madame Yamina Karitanyi, lors d’une commémoration du Génocide à Londres, ait regretté que, 11 ans après, une décision soit encore pendante au Royaume-Uni sur cinq cas d’extradition.

« Le Royaume-Uni, qui est signataire de la Loi de la convention sur le Génocide, devrait agir et prendre les mesures appropriées pour permettre à la loi de suivre son cours avant qu’il ne soit trop tard pour les survivants de voir que la justice soit rendue », avait déclaré Madame Karitanyi aux personnes en deuil à Londres.



Les suspects qui ont été arrêtés mais libérés plus tard sont le docteur Vincent Bajinya, Célestin Ugirashebuja, Charles Munyaneza, Emmanuel Nteziryayo et Célestin Mutabaruka.

À plusieurs reprises, les tribunaux britanniques ont rejeté leur extradition vers le Rwanda pour des raisons techniques. Le Rwanda a même demandé qu’ils soient jugés par les tribunaux britanniques, mais rien n’a été fait depuis plus d’une décennie.

« Comme on peut s’y attendre, nous avons parlé en détail de cette question qui est si proche du cœur de la population rwandaise, de la justice rwandaise et du Gouvernement rwandais », a déclaré le Ministre Busingye à propos de sa rencontre avec l’ambassadeur Lomas.

« J’ai abordé toutes les questions qui doivent être soulevées autour de cela. Il y a maintenant 11 ans depuis que nous avons commencé à essayer d’extrader ces personnes au Rwanda pour un procès, et une fois nous avons dit : « Si vous ne pouvez pas les extrader au Rwanda, jugez-les dans vos tribunaux’. Le Haut Commissaire m’a assuré que la Police Métropolitaine avait sérieusement pris en main cette question ».

« Ce que j’ai fortement exprimé, c’est que pour nous, le temps est essentiel. C’est si important que pendant leur vie ces personnes soient jugées et que leur innocence ou leur culpabilité soit prouvée. Ca sera inutile après leur mort. J’insiste sur le fait que le temps est quelque chose que tous les systèmes judiciaires doivent garder à l’esprit lorsque nous traitons des questions de justice, en particulier de la justice liée aux crimes de Génocide. Il est impensable que quelqu’un puisse prendre autant de temps sur un sujet comme le Génocide. Une justice retardée est en fait un déni de justice », a déclaré le Ministre Busingye.

Selon l’Amb. Lomas, la question des suspects de Génocide qui se trouvent actuellement au Royaume-Uni est une de celles que son Gouvernement prend «très au sérieux». Cependant, a noté Madame Jo Lomas, les enquêtes menées par la Police Métropolitaine du Royaume-Uni sont encore « au début ».

« Nouvelles enquêtes »

« Il s’agit cependant d’une question judiciaire et non politique, nous ne pouvons donc pas nous impliquer. Ce que j’ai fait, c’est d’apporter l’assurance au Ministre Busingye que la Police Métropolitaine a lancé une enquête préliminaire afin d’envisager si cette question affaire qui peut être présentée. Et le service des poursuites criminelles prendra éventuellement cette décision ».

« Mais il s’agit d’une enquête préliminaire. J’ai rassuré le Gouvernement rwandais que nous prenons cette affaire très au sérieux et que nous la suivons de très près », a déclaré le Haut Commissaire.

Jusqu’à présent, le Rwanda a envoyé 845 inculpations à différents pays, mais seulement 17 fugitifs ont été extradés ou expulsés. Des pays comme l’Allemagne, le Danemark, la Suède, les Pays-Bas, le Canada, les États-Unis et l’Ouganda ont extradé ou déporté des suspects de Génocide vers le Rwanda.

« Les raisons sur lesquelles repose le système judiciaire britannique pour dire que ces personnes ne bénéficieraient pas d’un procès équitable ne sont pas fondées. Le système judiciaire britannique devrait s’interroger sur cette question davantage parce que de nombreux pays à travers le monde ont extradé des suspects de Génocide vers le Rwanda et ils sont tous à différentes phases de leurs procès, et nous n’avons pas eu de craintes exprimées et justifiées par le système judiciaire britannique dans aucun de ces cas », A déclaré Monsieur Busingye.

« Aucune de ces personnes n’a quitté le Rwanda pour aller en Grande-Bretagne en tant qu’invité, ou pour visiter ou immigrer là-bas. Ils travaillaient tous ici et servaient dans différents bureaux publics supérieurs. Ils sont partis du Rwanda après 1994 et ont fui à cause des crimes présumés dont ils doivent être jugés. Le reste des excuses sont des inventions afin de leur trouver une sorte de défense », a-t-il dit.

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